Bijoux // collection estivale 2022 // petite édition

Boucles d’oreilles et colliers façon famille recomposée ou tribu sans nom………………

Franges bleu roi, rose dahlia et jaune citron, galons brodés, pailletés, perles de verre, sequins et pampilles, à porter de l’aube au crépuscule

Une collection imaginée en échos à la ligne de vêtements « Tribu » de Madame sans gêne

A retrouver chez Madame sans gêne / Où est la poésie ? // 39 rue Ange de Guernisac à Morlaix.

Du jeudi au samedi de 11h a 18h30 et de juillet à août du mardi au samedi de 11h a 18h30

https://www.emmanuellepremelcabic.com/chapitre-16-tribu

PASSAGE / Exposition Galerie Le Rayon Vert, Nantes // du 28 mai au 20 juin 2021

Broderies et iconographies * Les Veuves *

Depuis quelques années je m’intéresse à l’histoire de la pratique du deuil des femmes au cours des 19è et 20è siècles, perçu comme un usage social du corps féminin. L’histoire des habits de deuil des femmes, raconte sur le plan symbolique, un entremêlement d’obligations et d’interdictions signifiant que la veuve appartient durant deux années encore à son défunt mari. En ce sens le lien de dépendance de la femme envers son mari se maintient au-delà de la mort.

A partir de ces investigations j’ai commencé à collecter des images, des photographies, des récits de vies, à répertorier une gamme de couleurs relatives au port du deuil des épouses, à mettre en relation des histoires intimes, et à mettre en valeur ces vies invisibles. Les fils de broderie à l’aiguille viennent prolonger les images, gommer parfois les présences masculines, couronner les portraits de femmes, parler de possession amoureuse, faire apparaître des liens de sororité, raconter les désirs féroces, faire émerger des situations d’émancipation.

Se dire veuve serait une revendication, un statut d’affranchissement de l’ordre marital, un retournement de situation, une forme d’anticipation positive.

Le corps des femmes, revenantes, insaisissables, comme une horde de papillons de nuit.

Se revendiquer veuve, ou gagner en intégrité, se laisser pousser des ailes, noires, comme la nuit.

Ne plus être dans l’ombre de l’autre, « Nous sommes toutes déjà veuves » !

Féminins / Exposition collective // Le Mans /// 28 février-2 avril 2021

Note d’intention :

« On ne naît pas femme » disait une grande dame. Il semble qu’on ne le devienne pas forcément non plus. Et si on le devient, peut-être y a-t-il autant de façons de le devenir que de personnes identifiées comme « fille » à la naissance en raison de leur anatomie. D’ailleurs, Lacan n’a-t-il pas dit « La femme n’existe pas ». Non pas au sens ou le genre féminin n’existerait pas, mais au sens où une femme universelle avec un grand L qui contiendrait toutes les autres et suffirait à les définir toutes, n’existerait pas. Mais on peut aussi ne pas se reconnaître dans cette assignation ou s’y reconnaître partiellement, à des degrés différents. On peut se sentir profondément femme alors que notre corps nous rangerait à priori sans équivoque du côté masculin. Et puis qu’est-ce que cela veut dire, être une femme, outre le fait d’avoir des caractères sexuels secondaires repérés comme féminins ?

Wesley Thomas de la tribu Navajo disait avoir identifié 49 identités de genre différentes entre l’homme et la femme au sein de cette tribu amérindienne. Ce qui laisse penser qu’au-delà du corps que l’on reçoit, l’identité de genre se construit, à partir de ressentis, d’expériences et de croyances, tout cela inscrit dans un contexte culturel à un moment précis de l’Histoire, mais aussi dans une histoire de vie singulière. Pour autant notre corps nous identifie, nous met socialement à une place et nous expose à un vécu « de genre ».

L’idée était donc de permettre aux femmes cis (qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance), transgenres (qui ne se reconnaissent pas dans le genre qui leur a été assigné à la naissance), aux personnes non binaires (qui se situent quelque part entre le féminin et le masculin, qui peuvent revendiquer les deux, aucun des deux, un genre autre, …) des personnes ne sachant pas vraiment où se situer mais se sentant concerné.é.s, de s’exprimer à travers le médium de leur choix, au sujet du féminin, quel que soit le rapport intime qu’iels entretiennent avec celui-ci ( qu’iels l’aiment, le détestent, le subissent, le sacralisent, le renient…). L’ambition était de saisir des petits morceaux de tous ces féminins possibles en rassemblant et en laissant se faire écho ou se contredire des voix singulières.

Intimités / aquarelle et dessin sur tissu, broderie, fils, perles et sequins

Dessiner des lignes qui se rassemblent et s’écartent, broder de couleurs pourpres des sommets incandescents.

Des vulves comme des paysages intimes, des rochers charnus, des bourgeons à la sortie de l’hiver.
Regarde-toi, regarde-moi. Tu me racontes ?