Divaguer – broderie

Être de passage

broderie et vanité

Aller à travers champs, emprunter les chemins de traverse, fendre l’horizon, suivre le fil, se jouer des embuscades, sillonner les aléas, bousculer les frontières, se fondre dans le paysage de la matière…

A petits points sauvages, tâtonner sur l’envers, scruter les interstices, comprendre l’histoire de l’étoffe, broder le fil du temps jusqu’à l’orée du jour. Le geste de celle qui tisse est millénaire, d’une étonnante évidence, à la fois modeste, simple et virtuose. Il dépasse le temps, il voyage sur les cimes de l’imaginaire, il dessine les mythes. Ce geste vient orner le quotidien. Ce geste est aussi le mien. Je file, tricote et tisse le papier, crochète le plastique en dentelle, enrobe les rubans de tissus élimés, récolte, glane les fragments de mes investigations vagabondes. Je pique, surpique, festonne avec frénésie, j’esquisse avec le fil, emmaillote les merveilleuses chutes rescapées. Je détricote pour mieux rebroder. Je prolonge les fibres au goût d’infini, puis les plonge dans des bains de couleurs incertaines. J’étends, étire, ramifie ; l’étoffe se déploie jusqu’à la sculpture puis les fibres se resserrent, se replient, s’entremêle en un monde miniature. Ainsi, des histoires de matières aux techniques mélangées, confondues,  hybrides et réinventés se déclinent et se démultiplient en un amoncellement de fragments textiles ou ornements quotidiens.

Dentelle feutrée, broderie sauvage, tissage, tressage, nouage et papier filé…offrent matière à divaguer.

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Batik, Broderie & Mécanique – duo, pour une critique post-industrielle

Louisa Vidal & Cloé Rousset

Bourgeons mécaniques détail

Incident détail

Note d’intention

Au regard de l’Histoire les ères passent, les sociétés s’effondrent et ce sont les techniques lentes, respectueuses des contraintes locales qui perdurent. Allant avec les mouvements de l’environnement, les gestes sensibles s’adaptent à l’air du temps, et transcendent les époques. Ces savoirs-faire « anciens » quoique sans cesse réanimés par leurs passages de mains en mains, sont en fait des graines de futur autant que des héritages du passé, tant que des personnes sont là pour les conjuguer au présent.

Batik, broderie et mécanique est une alliance singulière, où le tracé et la couleur se mêlent sur l’étoffe, parfois sur de grandes étendues, parfois plissés vers l’infime. C’est une exploration textile qui interroge l’idée de progrès industriel par le biais de techniques artistiques anciennes, telles le batik indonésien, la broderie, la tapisserie ou le plissé. Ces savoir-faire et ces points de vue dialoguent avec notre vision contemporaine de l’art textile.

A petits points sauvages, tâtonner sur l’envers, scruter les interstices, comprendre l’histoire de l’étoffe, tirer les fils, raccommoder jusqu’à l’orée du jour. Le geste de celle qui brode est millénaire, d’une étonnante évidence, à la fois modeste, simple et virtuose. Il dépasse le temps, il dessine les mythes et s’affranchit des coutumes, il voyage sur les cimes de l’imaginaire. Puis revient au quotidien.

Cette rythmique du geste, guide et habite sans cesse notre travail.

trophées

trophée

d'arrache pieds

phyltre

phyltre détail

la mort qui tue

la mort fermée

overdose

à l'infini

à l'infini détail

batik brodé détail

détail batik

pointeuse

pointeuse détail

Médusées – portraits

– dessins brodés –

 d’après les dessins et aquarelles de Charles-Alexandre Lesueur, peintre naturaliste du 18ème

 « Ces créatures habitant librement au milieu des flots, sont généralement translucides, avec de délicates teintes bleutées, voire bioluminescentes, brillant au milieu des ténèbres comme autant de globes de feu. »

geryonia.png

portaits

 » Malgré tant de travaux et d’honorables efforts, le genre des méduses est encore un de ceux qui présentent le plus d’incertitudes et d’erreurs aux naturalistes, et ces incertitudes, ces erreurs tiennent à la nature même des animaux dont il s’agit. Aucune famille ne réunit, en effet, plus de singularités dans la matière, plus de bizarreries dans les formes, plus de variétés dans les organes, plus d’anomalies dans les fonctions ; aucune autre aussi ne présente au physiologiste plus de problèmes à résoudre, plus de découvertes à poursuivre. » Annales du Muséum national d’Histoire naturelle, mémoire préliminaire publié en 1809

Parmi elles, on retiendra la célèbre Aurelia Aurita ou méduse-lune, pour ces prouesses anti-nucléaire.
« Fin septembre 2013, la centrale nucléaire suédoise d’Oskarshamn, sur la mer Baltique, a dû arrêter un de ses réacteurs pour cause d’invasion de méduses, nommées Aurélia Aurita. Des paquets d’Aurelia Aurita avaient bouché les tuyaux d’eau de refroidissement.
Le phénomène n’est pas nouveau, des bancs de méduses géants ont déjà paralysé des centrales en Ecosse, en Israël ou en Inde.
Au Japon, 150 tonnes d’envahisseuses ont été enlevées en une seule journée. En 1999, aux Philippines, les méduses ont privé 40 millions de personnes de courant.
Peur de rester dans le noir ? »
Courrier International, octobre 2013

Chrysaora pentastoma

diadema

Aequorea

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portraits bis.JPG

Indienneries – broderie de miroirs, perles et paillettes

 

Depuis les plaines pailletées du Kutch (Gujarat, Inde) aux réseaux suburbains de l’occident, chemins de traverse et friches de banlieue rescapées du capital, il se joue des tours et des détours…D’aiguille en aiguille, les souvenirs trouvent leurs expressions, les sensations persistent et se resserrent, les paysages éprouvés se précisent. Broderies de rue élimées, motifs feutrés, miroirs repiqués, et scènes miniatures en boites content des impressions indiennes à la fois éclaires et diffuses, des temporalité illisibles, des espaces insensés.

 

 

Miniatures indiennes – broderie sur métal

Sur le sourire de Gandhi

La roue du paon

« Kutch is best »

La menace du corbeau à paillettes

Une roupie de sansonnets

4 réflexions sur “Divaguer – broderie

  1. Excellent j’adore.Je prépare un petit voyage en inde du nord, option textile et je suis tombé sur votre site.Les créations sont superbes.Si vous avez quelques conseils pour une couture voyageuse, je suis preneuse.A bientot
    Lucie

  2. Comme c’est magnifique !!!
    Quand faites vs une expo le plus près possible de la Normandie?
    Je suis une amie de Geneviève Jacquin !
    Bien cordialement
    Pascalem

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