Exposition itinérante Artextures 2017-2018

A l’occasion de la 9ème édition du concours Artextures, nous vous avons concocté une douce et voluptueuse surprise à quatre mains…

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Mata Hari, Source du jour

Louisa Vidal & Cloé Rousset

A l’abri dans le tumulte de la toison ténébreuse, le bouton de soie rose réclame l’attention. Parfois adulé puis oublié, parfois torturé ou mutilé, le clitoris semble affaibli par l’histoire médicale. Pourtant, à y regarder de plus près il n’est pas seulement cet organe minuscule mais la clef de voûte de la vulve toute entière. Il est le protecteur du vagin, cette poche de douceur, matrice sublime du monde humain.

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Dans les croyances antiques1 on pensait que seule une femme qui a joui pouvait être fécondée. On accordait alors beaucoup d’importance au plaisir féminin que procure l’excitation du clitoris. Mais les approches plus productivistes de l’Europe du XVIème siècle dénigrèrent cette théorie2 et ce fut le début d’une sombre période pour le corps des femmes. De l’inquisition qui prétendait que le plaisir sexuel féminin était démoniaque aux adeptes de Freud3 qui le considérait comme puéril, l’organe de la jouissance féminine se perdit dans un tabou cruel4. Et pourtant cet organe est un des plus sensible du corps humain5, il n’est pas seulement cette petite protubérance entre les deux lèvres supérieures mais tout un tissage de terminaisons nerveuses qui entourent l’entrée du vagin. Il en est le nœud subtil.

Ce n’est ni un hasard, ni une erreur si la couche matricielle est toute entière embrassée par cet organe du plaisir. N’est-ce pas dans la joie que nous sommes vivants ? N’est-ce pas en parfaite logique que la jouissance donne l’envie de se reproduire ? De quelle vie hériteraient les âmes nouvelles si elles ne naissaient que de la douleur de l’enfantement ?

Nous voulons rendre les honneurs qui reviennent à la vulve dans son ensemble. Nous voulons adorer mata, la mère vénérée hindoue, dont le nom parcourut la planète entière. En indonésien il devint mata (l’œil) mata hari (la source du jour, le soleil) mata air (la source d’eau) et d’autres déclinaisons encore. En Europe il devint la matrice, la mère. Mata c’est aussi la terre nourricière abondante et sensible. C’est un tout inaliénable, la protection, la jouissance, la reproduction. C’est un universalisme dont certains mots racontent la force et dont certaines sciences nient l’évidence.

Nous voulons broder les lettres de noblesses de cette déesse bafouée. Feutrer l’immensité du monde interne et son inavouable beauté, sertir les monts d’un gouffre magnifique et puissant. Tisser un hommage à la source de vies joyeuses et accomplies.

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1Vers -300, Hippocrate l’appelle « le serviteur qui invite les hôtes » et savait qu’il était l’organe du plaisir féminin. Il pense aussi que les femmes doivent jouir pour être enceintes, in La Fabuleuse Histoire du clitoris de Jean-Claude Piquard, mai 2012.

2Nombreux sont les médecins qui ont dénigré les fonctions de plaisir du clitoris : En 1545 Charles Estienne attribue au clitoris des fonctions urinaires. En 1561, le réputé Vesalius est opposé à la normalité du clitoris, qu’il attribue à une déformation hermaphrodite. En 1760, Samuel Tissot, dénonce vigoureusement la masturbation clitoridienne dans L’Onanisme. Dissertation sur les maladies produites par la masturbation. Source wikipedia « clitoris »

3Trois essais sur la théorie sexuelle (en allemand : Drei Abhandlungen zur Sexualtheorie) Sigmund Freud paru en 1905

4Le courant « ovuliste » bannit, quasiment, le clitoris des manuels d’anatomie jusqu’en 1998, et la masturbation clitoridienne, de la bienséance jusqu’à 1968. wikipedia « clitoris »

5« cet organe surdoué du plaisir féminin, qui cumule plus de 10 000 terminaisons nerveuses, mesure 11 cm de long au repos et se déploie dans tout le bassin féminin avec ses racines, comme un phénix », préface de La fabuleuse histoire du clitoris de Jean Claude Piquard, par Julie Muret.

 

Calendrier d’exposition :

Carrefour Européen du patchwork / Ste-marie-aux-Mines / du 14 au 17 septembre 2017

Château de la Gobinière / Orvault / du 11 janvier au 18 février 2018

Manufacture Bohin / St-Sulpice-sur-Risle / du 24 février au 15 avril 2018

Citadelle de Brouage / de mi avril à mi juin 2018

Musée de la Toile de Jouy / Jouy-en-Josas / été 2018

Quil en Sud / Biarritz Halle Iraty / mai 2019

 

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