Les étranges errent (duo échasses et musique) jouent le samedi 21 septembre 2013 à l’occasion de l’ouverture de la saison culturelle de la bibliothèque de Vigneux sur Seine …Entre les mots entre les fils, de texte à textile il n’y a qu’un point.

affiche-vigneux-sur-seine.pdf

Conte aux mortels

L’échassière à la robe longue danse sur un bitume animé de mille notes.

 

Mesdames, messieurs, enfants, petits gros et grands, de Vigneux et sa banlieue, bienvenu chez vous. Nous sommes arrivés aujourd’hui pour le plaisir d’une ouverture, d’un début, du commencement de quelque chose. Chaque commencement pourrait être enchantement si l’on se laisse emporter par les doux murmures du mystère.

 

Une bibliothèque qui s’anime ce sont des milliers de mots non découverts qui se réjouissent. En attendant d’aller à nouveau chercher le langage inconnu, nous aimerions vous raconter l’histoire de celle aux longs jupons de dentelle et du militaire musicien déchu au nez crochu.

 

Celle aux longs jupons blancs se baladait sur un bitume consommé par le temps et l’ennui. Elle se balade cherchant sereinement son musicien enchanteur, celui qui l’anime.

Celui qu’elle a capturé un soir de lune rousse, elle l’a sorti de sa troupe de mercenaire raté qui pillait et ravageait les raffineries du monde entier. Elle l’en a sortie de sa folie. Elle l’a fait douter et l’a fait goûter aux plaisirs les plus subtils. Les plaisirs des sens les plus vils et les plus raffinés. Elle en a fait son automate, son second, sa compagnie, son porteur de son. Son faiseur de rythme et de mélodie. Car elle, un matin de fin d’hiver, elle est tombée immortelle, comme on tombe d’amour ou de désespoir, elle est tombée immortelle.

Alors le musicien déchu l’accompagne et la balade se transforme bientôt en errance dans les limbes d’une histoire à recommencer chaque jour..

Elle tourne sur elle-même, désaxée, dénudée d’avenir ou de passé, elle voudrait retrouver le cycle de la terre, revenir à la vie mortelle.

 

Elle s’essaye à la magie, dans une partition de gestes imprécis, elle tente de séduire le bitume. Lui faire un tapis, une couverture. Elle l’interpelle et lui demande de chercher dans ses propres entrailles ce qu’il a de plus de beau à donner. 

Elle déploie ses fils, elle tisse une toile infinie en dansant pour tracer des signes au ciel. Elle tisse son triangle, sa trinité, qu’elle affine pour lier les nuages au bitume, pour trouver une issue.

Elle tisse sa toile pour attraper le temps, et se prend bientôt dans son propre piège. Car le fil est démesure, sans fin, il roule, s’embobine se déroule depuis le début du monde jusqu’au bord du vide.

 

Immortelle elle restera, elle ne peut rattraper l’histoire car l’histoire s’est échouée dans un monde circonscrit inatteignable. Un monde engoncé dans ses dispositifs lissés, attrayants, vérouillés, enfermant. Alors, elle quitte sa toile pour les recoins du bitume, là où les plantes sauvages et mauvaises herbes recèlent de qualités inconnues. Elle reviendra. Nous reviendrons.

 

 

Ses fils restent sans réponse, incapables de délier les énigmes du temps, car le temps n’a pas de limite.

 

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s